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Par Darchari MIKIDACHE, président du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens de tous horizons (CEEC)

 

 

Notre pays doit sortir de cette logique de l'aide internationale ou de fonds provenant d'ailleurs comme les fonds de citoyenneté économique qui sont certes utiles pour le pays mais créent des effets démobilisateurs et désincitatifs quant à la mise en œuvre de réformes structurelles et durables pour développer notre pays et lui permettre de disposer de marges de manœuvre financière pour investir dans l’économie nationale.

Je salue les efforts des uns et des autres pour assainir la situation financière du pays. Néanmoins, sans prendre partie pour les uns et pour les autres, l'exigence de transparence, la présomption d'innocence et l'éthique de la responsabilité implique que la situation soit clarifiée et que chaque ordonnateur soit responsable de sa gestion. Les institutions de la République peuvent s'autosaisir bien entendu notamment la Cour des Comptes, la Commission Nationale de Prévention et de Lutte contre la Corruption, l'Assemblée nationale via sa commission de Finances ainsi que la justice. Pour autant, je réitère mon souci de sortir de la logique de toujours compter sur l'aide même si elle est utile car elle peut créer des effets désincitatifs et des aléas moraux en matière d'engagements de réformes nationales indispensables et salutaires pour notre pays. C'est comme si on nous donnait du poisson au lieu d'apprendre à pécher. Nous serions toujours dépendants de l'extérieur au lieu d'investir dans une politique publique de formation aux produits halieutiques et à la pêche.

Le Cap-Vert composé d'au moins dix îles a pris son indépendance le 5 juillet 1975, soit juste un jour avant les Comores. Et pourtant, il est passé d'un pays moins avancé (PMA) à un pays à revenu intermédiaire (PRI):" son tourisme, qui constitue le principal moteur de sa croissance, a su exploiter judicieusement ses richesses naturelles, telles que la biodiversité, les paysages et l’environnement. Le secteur des hôtels et restaurants, par exemple, a enregistré une progression presque six fois plus rapide que celle de l’économie nationale entre 2000 et 2010, et totalisait près de 16 % du PIB en 2010" selon la Banque Africaine de Développement....

Ses ressources naturelles principales sont le sel, la pouzzolane (utilisée dans la fabrication du ciment), la pêche (langouste et thon) et la production de bananes.

Sa diaspora est mise à contribution dans le développement économique national. Ainsi, l'Institut des Communautés du Cap-Vert (IC), avec l'appui de l'Office international des migrations (OIM), est en train d’exécutera un projet appelé "Diaspora pour le développement du Cap-Vert" (DIAS) destiné à attirer les cadres capverdiens hautement qualifiés vivant à l'étranger pour enseigner dans l'archipel, et transmettre un savoir-faire et des compétences professionnelles. Ce projet cherche à identifier les cadres dans la diaspora capverdienne au Portugal, en Italie et en Hollande et à les attirer pour qu'ils administrent des cours de formation de courte durée au Cap-Vert.

Dotés généralement d'un bon pouvoir d'achat, les émigrants Cap-Verdiens bénéficient de mesures spéciales visant à faciliter leur séjour ou leur retour définitif dans l'archipel. Taux privilégiés pour les emprunts bancaires, exemption de certaines taxes douanières, fiscalité foncière avantageuse ; tout est fait pour les inciter à investir dans l'économie du pays.

Si le Cap-Vert est sur la voie du développement, les Comores peuvent également s’en sortir. La lutte contre la corruption, l’action impartiale de la justice, la création d’une Cour de discipline budgétaire et financière pour juger les actes des ordonnateurs publics et des comptables, la transparence et la rigueur dans la gestion des finances publiques notamment les mesures que j’ai préconisées dans mon dernier article publié sur la Gazette des Comores intitulé : «  Comores : pour un recouvrement plus efficace des recettes publique. » de ce mercredi 28 août 2013 permettant une hausse et une sécurisation des recettes publiques ont leur rôle à jouer. Il est grand temps de réformer le pays de manière concertée et pédagogique avec détermination pour sortir du système d’assistanat. Certes, quelques mesures et réformes ont été engagées par les différents ministres successifs. Néanmoins, il faudrait aller beaucoup plus loin. Beaucoup de réformes [ administration, politique économique incitative de création d’emploi dans le secteur privé (bourses de projets, zones franches, emplois aidés, baisse des taux d’intérêt pour les projets créateurs d’emplois), mise en place d’infrastructures durables et fin des délestages électriques, production agricole et agro-alimentaire, pêche et le tourisme, transformation des produits locaux, renforcement de la lutte contre la corruption, mise en place de mesures de sécurisation des recettes publiques et de transparence, renforcement des contrôle en amont et en aval, implication de la diaspora dans le développement économique nationale] sont impérieuses et nécessitent une détermination sans faille. Le développement économique de notre pays est à ce prix.

Darchari MIKIDACHE,

Président du Cercle des Economistes et des Experts Comoriens de tous horizons (CEEC).

Avec le CEEC, travaillons ensemble au service du Développement de l'Afrique dont les Comores font partie

Avec le CEEC, travaillons ensemble au service du Développement de l'Afrique dont les Comores font partie

Tag(s) : #Propositions

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