Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le 23ième sommet de l’Union africaine (UA), qui se tiendra à Malabo du 20 au 27 juin 2014, aura pour thèmes centraux l’agriculture, la sécurité alimentaire et la sécurité globale du continent. L’UA qui a succédé en 2002 à l’organisation de l’Unité africaine (OUA), créée en 1963, est une structure interétatique de coopération entre actuellement 54 pays membres. Cette coopération repose sur la volonté de consolider les frontières, de renforcer la paix et la sécurité et de favoriser le développement économique du continent.
Depuis plus d’une décennie, les questions de paix et de sécurité sont donc au cœur des sommets de l’UA. Les Chefs d’Etats et de gouvernement se sont penchés successivement sur la gouvernance, les moyens de renforcer la démocratie, l’instabilité politique et militaire, le développement des infrastructures, l’exploitation de l’énergie, la valorisation de l’éducation, la promotion de la formation, celle de l’entreprenariat ou, encore, la modernisation des systèmes de santé…
Il faut ajouter à cette liste une préoccupation économique majeure : permettre à l’Afrique d’utiliser son agriculture de façon optimale afin de parvenir à l’autosuffisance et à la sécurité alimentaire. Le prochain sommet de l’UA donnera par conséquent l’occasion aux leaders africains de s’emparer d’un sujet essentiel au bien-être des populations et à l’avenir du continent.
Les enjeux portent, en particulier, sur les moyens de renforcer l’agriculture vivrière et de créer les conditions nécessaires à l’épanouissement d’une agriculture industrielle par la transformation des produits naturels sur le sol africain et non à l’étranger. Sans résultats sur ces deux points, pas de progrès dignes de ce nom. Les Chefs d’Etats et de gouvernements africains devront aborder la question en la reliant à la sécurité militaire. En effet, sans sécurité politique et militaire, point d’autosuffisance et point de sécurité alimentaires.
Les crises récentes en Egypte, en Libye, en Centrafrique, au Mali ou au Nigeria avec le groupe terroriste Boko Haram, bref l’instabilité politique et la montée du ou des terrorismes sur le continent, tout cela oblige les Etats africains à regarder la réalité en face : quand ils ne prennent pas eux-mêmes les devants, ce sont les pays occidentaux qui s’en chargent pour préserver un climat propice aux opérations économiques et commerciales de leurs entreprises.
La France a organisé des sommets, dont celui de Paris, pour lutter contre Boko Haram. Elle est rejointe par les Etats-Unis qui déploient leurs forces sur le continent. Les Américains ont signé, ou vont le faire, de nombreux contrats de construction de bases militaires. Parmi ces projets, il y a ceux du Mali, du Cameroun ou du Sénégal, mais aussi l’élargissement du réseau des services de renseignement de l’armée de l’air américaine en Ethiopie, au Kenya, au Burkina Faso et au Tchad. Dans le cadre de l’Africom, le Niger constitue aussi un point d’appui important pour les Etats-Unis. Ils y bâtissent des bases dans les villes d’Arlit et de Tahira destinées à lutter contre le narco-terrorisme.
Lors de son 22ième sommet ordinaire, en janvier dernier à Addis Abeba, l’organisation panafricaine avait lancé les débats sur « l’Agriculture et la sécurité alimentaire » en insistant sur le besoin de « saisir les opportunités pour une croissance inclusive et un développement durable ». Mais les discussions avaient été largement occultées par les crises au Soudan du Sud et en Centrafrique… Un raison supplémentaire pour les pays membres de l’UA de prendre en compte le handicap que constitue l’insécurité politique pour ceux qui ont la charge de nourrir les populations.
La question de la sécurité globale est un enjeu fondamental pour l’Afrique d’aujourd’hui et de demain. Il est plus que temps qu’elle parle d’une même voix, que ses leaders s’associent pour résoudre ensemble leurs problèmes de développement, dont celui de l’autosuffisance alimentaire. L’UA a son rôle à jouer. Mais il existe aussi des organisations régionales, comme la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) ou la CEEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique Centrale), ainsi que des commissions économiques régionales, pour prendre des décisions et agir.
Ce 23ième sommet de l’Union africaine à Malabo doit être l’occasion pour les pays africains de lier les deux faces d’une même médaille que sont le développement économique et la sécurité globale. A leurs dirigeants de montrer qu’ils sont capables de travailler en commun pour apporter les réponses aux crises qui peuvent émerger dans n’importe quelle partie du continent.
 
Lucien Pambou, membre du comité de rédaction de Géopolitique Africaine
http://www.geopolitique-africaine.com/evenements/23ieme-sommet-union-africaine-malabo-guinee-equatoriale-20-27-juin-2014_654545.html

 

23ième sommet de l’Union africaine, Malabo (Guinée équatoriale), 20/27 juin 2014
Tag(s) : #Union Africaine

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :