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Chute des cours du pétrole : comment l’Afrique fait face ?

Un article de la Rédaction du site web www.afriqueinside.com

Les cours du pétrole poursuivent leur dégringolade en ce début d’année et il semble que la chute ne soit pas terminée. Pourtant un certain nombre de pays du continent africain vivent des revenus tirés de l’or noir et les États se sont basés le plus souvent sur des cours autour de 100 dollars le baril pour constituer le budget de l’année 2015. Alors que le prix est 50% plus bas que prévu, comment les principaux producteurs font face à cette année qui s’annonce compliquée ? Qui a pris les devants et qui risque d’y perdre des plumes ?

Nigeria

C’est un producteur très important en Afrique et le seul de la région ouest à figurer dans le cercle très fermé constitué par l’OPEP. Le développement du pays s’est très largement basé ces dernières années sur l’exportation des hydrocarbures et la chute des tarifs impacte directement le budget. Alors que l’élection présidentielle doit avoir lieu dans trois mois à peine, le président Goodluck Jonathan ne semble pas décidé à prendre des mesures impopulaires pour faire face à la baisse des revenus qui vont de fait bouleverser les dépenses prévues. Le chef de l’État a visiblement décidé de laisser la situation telle qu’elle est et d’envisager par la suite en cas de réélection, d’éventuels ajustements. En cas d’élection de son opposant, personne ne sait ce qu’il en sera puisqu’en période électorale aucun des candidats ne veut aborder un sujet si impopulaire. Pourtant le Nigeria devra comme tous les pays producteurs du continent s’adapter à moins de se retrouver avec un déficit en fin d’année.

Angola

L’Angola, tout comme le Nigeria, a basé son développement ces dernières années sur l’exploitation d’hydrocarbures. Le pays a considérablement augmenté sa richesse d’autant que politiquement une certaine stabilité semble désormais acquise, ce qui n’était pas le cas il y a une décennie encore. Il n’en reste pas moins que face à la chute déjà palpable des revenus le chef de l’État José Eduardo Dos Santos, a décidé de prendre les devants et d’avertir que l’année 2015 serait difficile et compliquée pour le pays. Il a ainsi déclaré lors de ses vœux à la nation « Il y aura des projets qui seront remis à plus tard et cette mesure sera renforcée par un contrôle des dépenses publiques, une plus grande discipline et des économies dans le budget et une meilleure gestion des finances de l’Etat, pour maintenir la stabilité ». Une façon de faire comprendre à la population qu’après des années de très forte croissance le temps de la gestion maîtrisée est désormais venu.

Guinée Équatoriale

Comme les deux pays précédents, la Guinée Équatoriale s’est rapidement développée en raison de l’exploitation des hydrocarbures. Si les tarifs chutent, il n’en reste pas moins que le président ne compte pas changer son plan d’investissements pour la simple et bonne raison que l’impact de la baisse des revenus, même important, n’est pas le même que certains autres États, en raison notamment du nombre d’habitants, très faible sur le territoire. Les besoins qui en découlent sont de fait beaucoup moins importants et la Guinée Équatoriale devrait pouvoir faire face sans trop de problèmes. Le pays ne compte que 800 000 habitants alors que le Nigeria pour sa part en compte 175 millions. Les défis face à la chute des cours sont donc très éloignés.

Algérie

Contre toute attente, l’Algérie a décidé de mettre en place une série de mesures pour faire face à la crise pétrolière. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal a d’ores et déjà prévenu que pour l’année qui arrive l’embauche de fonctionnaires serait gelée et qu’aucun recrutement ne serait possible avant 2016, peut être plus tard. Il faut dire que la fiscalité pétrolière compte pour plus de la moitié du budget de l’État, qui risque d’être sérieusement entamé les prochains mois. Mais ce n’est pas tout, le chef du gouvernement a également affirmé que tous les chantiers qui ne sont pas urgents allaient être reportés à une date ultérieure, comprendre quand l’économie ira mieux. Même discours concernant les éventuelles hausses de salaires, elles risquent d’être bloquées à court terme. Le président de la République en personne a tenté d’anticiper une crise profonde en avertissant les algériens que les conséquences de la chute des cours du pétrole auront des conséquences imprévisibles. Un discours de vérité qui tranche avec la communication traditionnelle des autorités.

Libye

En Libye la baisse des cours du pétrole ne devrait pas avoir d’incidence flagrante puisque la production a chuté de manière radicale ces derniers mois. En cause, l’instabilité politique et surtout sécuritaire qui provoque l’incapacité d’exploiter les hydrocarbures. Les terminaux pétroliers qui sont restés pendant très longtemps aux mains des milices sont désormais des cibles de choix lors des affrontements entre islamistes et forces gouvernementales. Plusieurs incendies d’installations pétrolières mettent à mal de façon durable toutes les possibilités de reprendre la production à court terme.

Soudan et Soudan du Sud

Les deux pays qui ont mis du temps à trouver un accord pour l’exploitation du pétrole se retrouvent aujourd’hui dans une situation délicate. Karthoum tire d’importants revenus grâce aux hydrocarbures de son voisin du sud, et la chute des cours risque d’avoir un impact réel. Alors que la guerre civile qui a lieu au Soudan du Sud a provoqué une baisse de la production et des difficultés d’approvisionnement, il sera très compliqué pour les deux États d’affronter une année 2015 sereinement en terme économique. Entre la guerre et la baisse des prix, les deux pays se retrouvent dans une situation explosive.

Le Niger

Le pays qui a rejoint il y a seulement trois ans les rangs des pays producteurs et exportateurs de pétrole ne devrait pas subir un impact très important car parallèlement à la chute des prix, le Niger est en train d’accroître très fortement l’exploitation des hydrocarbures. Les gisements sont très nombreux et les découvertes récentes vont encore gonfler les recettes de l’État. Avec une croissance de plus de 7% en 2014, le pays n’a visiblement aucune crainte à avoir concernant l’année qui vient puisque même avec un pétrole bon marché il devrait pouvoir tirer son épingle du jeu en augmentant sa production.

La Rédaction

(Crédits: Reuters)
source : http://afriqueinside.com/chute-cours-du-petrole-comment-lafrique-fait-face02012015/

Tag(s) : #Pétrole

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