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Darchari MIKIDACHE, Président du think tank "CEEC", Inspecteur des Finances publiques, Membre de la CNTD
Darchari MIKIDACHE, Président du think tank "CEEC", Inspecteur des Finances publiques, Membre de la CNTD

Darchari MIKIDACHE, Président du think tank "CEEC", Inspecteur des Finances publiques, Membre de la CNTD

Par Darchari MIKIDACHE, président du think tank "Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)


L'éthique de la responsabilité politique implique que les responsables publics, les élus et les politiques soient exemplaires dans leurs comportements quotidiens et dans l'exercice de leurs responsabilités. Face à un chômage massif qui touche presque 50% de la population active, il est du devoir des Autorités publiques de se mobiliser et de mettre tout en œuvre pour réduire le chômage. Cela suppose la mise en place de dispositifs novateurs pour favoriser la création d'emplois pour les jeunes et les moins jeunes.

Le monde de l'entreprise et l'éducation nationale au service de l'emploi

L'égalité des chances pour tous passe avant par la mobilisation des pouvoirs publics en matière de création d'emplois dans le secteur privé. La Maison de l'Emploi devra en conséquence disposer des moyens logistiques, financiers et humains significatifs afin de pouvoir agir concrètement et avec efficacité au service des demandeurs d'emploi. Il convient d'appliquer de nouveaux dispositifs qui facilitent l'insertion des jeunes dans la vie active en tissant un pont étroit entre le monde de l'entreprise et l'Université des Comores au delà d'un simple placement des demandeurs d'emplois au niveau national et international. Il est souhaitable que le secteur privé travaille davantage et étroitement avec le monde de l' éducation et de la formation professionnelle pour permettre de former des jeunes en adéquation avec les besoins des opérateurs économiques en tenant compte de la stratégie e développement national pour la décennie à venir. La notion d'égalité des chances y prend tout son sens car elle constitue une valeur essentielle pour renforcer la cohésion nationale et rendre cette dernière inclusive et intégratrice.

L'entrepreneuriat au service de l'emploi des jeunes

L'instauration d'une réelle égalité des chances nécessite la promotion de l'entrepreneuriat et donc du secteur privé. En conséquence, il convient de favoriser les initiatives privées en encourageant et en accompagnant les initiatives privées d'entrepreneuriat, de création de coopératives privées, ainsi que les regroupements de sociétés et individus dans des projets novateurs et créateurs d'emplois durables. Pour ce faire, à l'exemple du programme "Oser entreprendre" mais plus élargi et ouvert à tous y compris la diaspora comorienne désirant investir au pays, il est important de créer un fonds pour l'entrepreneuriat et de bourses pour des projets novateurs. Un tel fonds permettra de cofinancer après sélection sur des projets viables, novateurs et créateurs d'emplois.Des sources de financement existent, à commencer par l'épargne qui dort dans les établissements bancaires comoriens sur-liquides et dont le montant selon les estimations de la Banque Centrale des Comores (BCC) dépassent les 31 milliards de francs comoriens au titre de l'année 2013. Ces montant pourraient servir par un mécanisme de technique bancaire notamment à réduire le coût global du crédit pour les initiatives privées sélectionnées. Cela pourrait être une prise en charge partiale des frais de crédits, une bonification de taux d'intérêt, crédit à taux zéro ou fonds de garantie. Cela suppose que les lauréats soient suivis, formés et accompagnés de manière rigoureuse pendant au moins trois années.En outre, les fonds mis à disposition par la Banque Islamique de Développement (BID) pour renforcer le secteur privé comorien à hauteur de 34 millions de dollars (près de 16 milliards de francs comoriens) pourraient être affectés en partie pour financer un tel programme.

Une charte de l'égalité de chances pour tous, symbole du changement

Au delà du programme « Oser entreprendre » initié avec l'appui des Autorités publiques pour les meilleurs projets d'entrepreneuriat et des initiatives privées qu'il convient de soutenir et d'amplifier, les Autorités publiques sont invitées à rendre effective cette notion d' égalité des chances pour tous car elle est porteuse d'espoir pour les jeunes et les moins jeunes. Un tel programme est d'autant plus crucial que la mise en œuvre d'une politique nationale de recrutement dans les administrations et sociétés d’État en fonction de critères de compétences et non sur le fondement de critères politiques, sociales et clientélistes constituera un changement fondamental pour les jeunes. Ces derniers seront motivés par cet esprit égalitaire et seront amenés à se donner à fonds dans leurs formations et études en vue de mieux s’insérer dans le vie active. Pour ce faire, il est primordial de faire signer à toutes les administrations une charte de l'égalité de chances pour tous, en référence à une loi de l'égalité des chances et un égal accès pour tous aux services publics qu'il convient de faire voter par les représentants du peuple à la prochaine législature.

L'égalité des chances, vecteur essentiel de la cohésion nationale


D'une manière générale, il est temps de favoriser l'égalité de chances pour tous par des critères justes, impartiaux et éthiques afin que les efforts de chacun soit reconnus et récompensés. La politique du « moinahatrou » devra être bannie dans les services publics au profit d'une politique républicaine favorisant une véritable politique d'égalité des chances pour tous dans les faits non seulement devant la loi. L'organisation de concours régionaux et nationaux de façon systématique implique que l’État renforce un service national des concours et examens pour que ce dernier soit à la hauteur des enjeux. Un tel service devra être à l'abri de toutes tentatives actives ou passives de corruption. Il devra garantir l'anonymat des corrections afin que chaque postulant à un examen ou concours puisse être assuré de l'impartialité des correcteurs et du jury. C'est dans ces conditions qu'il sera possible d’espérer de faire que l'éducation jouera pleinement son rôle d'ascenseur social au service de la cohésion nationale.

Bien entendu, un tel programme suppose l'application d'une justice impartiale, équitable et égale pour tous pour laquelle les interventions de personnalités publiques ou de notables seraient bannies ou punies avec la plus grande sévérité par la loi. Cela implique également l'application du principe de l'impunité zéro. Les candidats aux élections les législatives sont invités à intégrer ces valeurs républicaines dans leurs engagements et programmes électoraux pour en faire des propositions de lois car une fois élus, ils deviennent les Représentants du Peuple et non des régions ou de leurs circonscriptions. Il y va de l' intérêt de la Nation comorienne.


Darchari MIKIDACHE, président du think tank "Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

www.ceec-comores.com

E-mail : ceec.comores@gmail.com

Tag(s) : #Développement économique

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